Site Web du Dr Marc GIRARD

Quand le Justicier masqué de Big Pharma oublie sa pièce d’identité sur le lieu de ses exploits…

mercredi 29 juillet 2015 par Marc Girard

RÉSUMÉ – Simulant non sans perversité la présentation des notices Wikipédia, un site protégé par le courageux anonymat de ses contributeurs a récemment publié une notice quasi diffamatoire me concernant, qui a failli semer le trouble chez certains de mes lecteurs. Quoique l’intégralité des informations concernant mes titres et travaux soit très facilement disponible sur mon site, les auteurs de la notice en question s’y sont perdus au point de m’attribuer sans rire la paternité de romans anodins, ainsi qu’une contribution conséquente à l’exégèse des Psaumes ; je m’y vois également reprocher d’avoir publié l’essentiel de mes œuvres dans une revue américaine qui n’a pas l’heur de leur plaire quand, après vérification, il apparaît que seuls cinq de mes 180 articles publiés (soit 2,8%) y sont parus… Le reste est à l’avenant à ceci près que, dans un sursaut de scrupulosité tout à leur honneur, mes détracteurs sont restés (pour l’instant ?) silencieux sur ma participation pourtant notoire à de nombreux films classés X ; on saura gré, également, à mes accusateurs d’avoir joué la carte de la discrétion quant à mon implication sinon évidente dans les crimes du curé d’Uruffe (1956), dans le contexte déjà plus que douteux de mon premier anniversaire. Pour finir et au terme d’une enquête digne des plus fins « profileurs » menée sous ma direction, on réunit ici les indices (incompétence, malhonnêteté réflexe, arrogance, moyens financiers disproportionnés et, finalement, bêtise crasse) qui devraient permettre d’identifier avec un degré raisonnable de probabilité les justiciers acharnés à dénigrer anonymement un engagement public qui vise, simplement, à un retour de l’industrie pharmaceutique vers un peu plus de morale - et de professionnalisme.

Introduction : la coprologie au service de l’impersonnalité

À côté de la rude épreuve, récemment décrite, que constitue le biographique (« je peux en témoigner, car je l’ai vu, voire j’en ai été victime ») relativement à l’exigence d’impersonnalité, il en est une autre, encore plus redoutable : celle de l’attaque personnelle. Faut-il se défendre au risque de brouiller dans un égocentrisme obligé l’enjeu du Bien Public, quand c’est de cela qu’il s’agit en dernière analyse ? En d’autres termes, la défense de Marc Girard (dont j’atteste personnellement qu’il est un brave homme) vaut-elle qu’on se détourne, ne serait-ce qu’un instant, des problèmes de fond où vont les intérêts naturels de ce brave homme ?

Sachant que c’est toujours une immense jouissance que de se voir dénigré par un ou des cons qu’on tient pour irrécupérables, ma pente naturelle, sur cette question, a longtemps été celle de la Maison Royale d’Angleterre : ignorer…

J’ai toutefois aperçu les limites de cette position lors d’un précédent de 2009 sur lequel je suis revenu voici quelques jours : j’avais beau ne pas me sentir concerné par les gesticulations médisantes d’un sous-sous fifre dont le principal titre de gloire était d’avoir payé (ou fait payer par Pôpamôman) deux mois de « formation » pour se familiariser avec les subtilités du « langage » médical (revues et corrigées par les laquais Big Pharma), telle n’était pas l’opinion de quelques-uns parmi mes plus fidèles qui estimaient ne pas avoir eux-mêmes l’aptitude de contre-argumenter. Comment eussé-je pu leur en vouloir de cette incompétence assumée alors que je ne cesse d’ironiser sur les faux-experts et les omniscients qui savent tout et ont réponse à tout ?

Sans entrer dans une dissertation épistémologique qui dépasserait le cadre de la présente note, j’en ai simplement conclu que, quoi qu’il puisse m’en coûter, me défendre – au moins dans certaines limites – relevait d’un élémentaire devoir à l’endroit de ceux qui avaient placé leur confiance en moi [1]…

De plus, l’expérience atteste que, menée avec rigueur, la défense pro domo se solde souvent par un gain de compréhension relativement à des problèmes bien plus fondamentaux – un peu comme l’analyse de selles qui, malgré ses modalités pratiques peu ragoutantes, peut permettre une remarquable percée dans la reconnaissance des parasites qui se sont lancés à l’attaque d’un individu. Ce n’était pas rien, par exemple, de découvrir grâce à mon diplômé de la prestigieuse école « Sup santé » que, jusqu’alors reconnu comme référence par beaucoup d’internautes, le site Hoaxbuster était en fait une officine manipulée par des lobbies industriels adonnés à faire avancer leurs pions douteux derrière la vitrine d’une dénonciation vertueuse des bouffons – ça ne manque pas sur Internet – qui ont l’audace de marcher imprudemment sur leur plates-bandes pourtant fangeuses : ce n’est pas parce qu’on n’a qu’à se baisser pour trouver des omniscients promouvant les médecines « alternatives » les plus incongrues ou des méthodes pour allumer le feu en frottant deux bouts de bois secs qu’il n’y a aucun problème avec Big Pharma, ou EDF et ses homologues – sachant même s’il est de plus en plus facile de trouver du bois sec par les temps qui courent…

Il s’avère que dans les derniers jours de juin 2015, j’ai pris connaissance par hasard d’une notice anonyme à mon sujet, sur un site non moins anonyme dont j’ignorais tout. Le temps (et l’intérêt) me manquant ce jour-là, je remis à plus tard l’analyse de ce document : on imagine, évidemment, ma surprise de constater, une dizaine de jours plus tard, que cette notice avait considérablement évolué – au moins dans sa forme [2]. D’où une première précaution : en conserver une copie (datée du 12/07/15), que l’on trouvera en PJ du présent article.

Cette présentation assumée sur le site de la personne directement visée par ces commérages, est un premier signe de reconnaissance à l’endroit des fidèles qui m’ont témoigné de leur souci : le torche-cul de Psiram est effectivement accablant, mais pas pour moi…

Mais entrons sans tarder dans l’analyse coprologique de ce prélèvement.

Le réquisitoire

Si l’on cherche – c’est difficile – à mettre un peu d’ordre dans le réquisitoire brouillon de Psiram :

  • mes titres et travaux seraient insignifiants, et certaines de mes affiliations seraient usurpées ;
  • je serais un antivaccinaliste parmi les plus excités, malpoli de surcroît ;
  • j’aurais des collaborations avec des minables ou des toxiques, qui seraient plus que compromettantes.

Privilège de la cohérence et de l’éthique : chaque assertion de ce pauvre libelle pourrait donner lieu à de multiples renvois qui en attesteraient la vacuité, la bêtise et, quasi systématiquement, la malhonnêteté [3]. Dans la suite, cependant et par égard pour mes visiteurs, je limiterai la réfutation au minimum utile pour reconnaître la vraie nature de ce torche-cul et en démasquer ceux qui l’ont conçu.

Critères de crédibilité intrinsèques

Stratégies d’anonymisation

À titre liminaire et parce que, justement, il y a déjà de l’éthique dès ces exigences de pure forme, qu’on me permette de souligner qu’au contraire de mes détracteurs, on trouve facilement sur mon site : i) mon adresse personnelle , permettant de vérifier que je ne suis pas un drone à la solde de n’importe quelle organisation crapuleuse ; ii) le détail de ce que la tradition appelle « mes titres et travaux », qui fondent ma légitimité à prendre la parole dans l’espace public sur certains problèmes (sans avoir besoin de me dissimuler derrière de pseudo-risques qui n’ont pour fonction que de masquer l’absence de la moindre réalisation décente dans l’ordre académique), iii) le détail de mon chiffre d’affaires avec l’industrie pharmaceutique, dont l’intérêt est double : a) attester que j’ai été capable de vivre (confortablement, mais à la loyale) des spécialités dont je prétends avoir la maîtrise, b) illustrer qu’au contraire des drones de Big Pharma et de tous les « lanceurs d’alerte » trop chers aux médias, mon engagement professionnel m’a conduit à affronter des vrais risques.

Culture générale

Je connais la dissertation, mise à la mode à l’époque des « maths modernes », sur l’unité de LA mathématique : mais en descendant dans la buanderie rechercher mes diplômes dans de vieux paquets de lessive, j’ai pu vérifier qu’on écrit bien « DEA de mathématiqueS » – avec un S…

Bien plus fort encore : alors qu’il suffit de se reporter à mon CV pour trouver la liste de mes ouvrages publiés (laquelle est, de toute façon, reprise dans mon espace Auteur du site Amazon), ces gens-là ne sont même pas capables de la reproduire ! Qu’est-ce que cela aurait été si, comme moi, ils avaient été missionnés pour faire en urgence (moyennant une rémunération en rapport avec l’exploit) une revue de la tolérance de Prozac, soit environ 800 articles à analyser en un mois seulement, pour un résultat qui m’a valu durant des années les éloges du commanditaire…

Encore plus désopilant : outre des romans anodins [4], me voilà affublé, par la grâce de mes rigoureux censeurs, d’un ouvrage écrit par un théologien québécois de grande réputation. Qu’il me soit permis, en freudien, de voir une forme d’acte manqué dans la méprise qui conduit des larbins tellement habitués aux Belles Histoires de Big Pharma à confondre recherche clinique et théologie [5]…

La falsification comme réflexe pavlovien

Ce qu’il y a d’extraordinaire avec ces gens-là, c’est que même en situation de combat (c’est l’étymologie du mot « polémique ») justifiant, au moins en principe, un minimum de précautions (on ne part pas à l’assaut en string et avec une lime à ongles), c’est que la falsification est, chez eux, comme une seconde nature grâce à laquelle ils s’imaginent qu’ils vont venir à bout de n’importe quel adversaire.

Ainsi et selon Psiram, beaucoup de mes publications n’auraient été publiées « que dans Medical Veritas ». Vérification faite et sans entrer dans un recensement ennuyeux à force de détails, mon CV fait état d’environ 180 publications, dont… seulement cinq (2,8%) ont été publiées par Medical Veritas : ces gens-là ont décidément un gros problème avec « la » mathématique…

Même propension réflexe à la falsification quand il ressort des insinuations de Psiram que le brave Dr Girard serait un raté, juste capable d’établir des collaborations avec des revues non académiques et de crédibilité douteuse. Lorsque, au début des années 2000, le fabricant d’Engérix, se rendant compte que nos collaborations passées [6] n’étaient pas une garantie suffisante pour faire de moi son homme-lige dans les procédures judiciaires où il avait été attrait, il s’est lancé dans une stratégie de récusations sans précédent dans l’histoire de l’expertise judiciaire [7], axée sur l’argument que la densité de nos collaborations antérieures excluaient, par principe, que l’on puisse me créditer de la moindre indépendance à son égard : abstraction faite de ce lapsus plus que révélateur égalant « rémunération » et « subordination », qu’est devenue, dans ma notice « biographique » façon Psiram, cette période de collaboration avec les majors de l’industrie pharmaceutique, dont la régularité et l’intensité avaient été présentées comme absolument dirimantes par les intéressés ? Qu’est devenu le temps béni où Le Quotidien du Médecin soi-même me qualifiait "d’auteur inspiré" (cf. PJ2) [8] ?

C’est aussi le signe d’une volonté de tromper que d’adopter une présentation qui en impose pour l’interface de Wikipédia [9]. Parmi les internautes troublés par cette diatribe pourtant indigente, nombreux sont ceux qui évoquent « la notice Wikipédia de Marc Girard » – à laquelle manque justement le débat « démocratique » [10] dont on peut penser ce qu’on veut, mais qui représente quand même la marque de fabrique de l’entreprise. La falsification, c’est décidément un état d’esprit…

Relèvent de cette même volonté de tromper :

  • la sélection (drastique !...) des données disponibles conduisant à accorder une importance disproportionnée à des micro-collaborations ponctuelles ou quasiment, tout en passant sous le silence le fait que, durant plus de vingt ans, l’essentiel de mon activité professionnelle a été celle d’un consultant dont les clients, réguliers et particulièrement fidèles pour la plupart, étaient les principaux acteurs du milieu pharmaceutique lesquels, comme dûment mentionné dans mon CV, ont pour nom Pfizer, GSK, Sanofi-Aventis, Novartis, Roche, pour ne citer que les plus importants ;
  • la référence à la pauvre diatribe de Chacornac sans la moindre mention du fait qu’il y a été dûment répondu (B A BA procédural, pourtant, dans toute polémique de caractère public) ;
  • le silence du renvoi à mes articles publiés dans Medical Veritas sur celui [11] qui produisait, pour la première fois, la traduction en anglais des consternants aveux de GSK concernant les manipulations par lesquelles le fabricant d’Engérix avait conduit l’Organisation Mondiale de la Santé et l’administration sanitaire française à faire de l’hépatite B le problème de santé publique qu’elle n’était pas : les oreilles de mes détracteurs se seraient-elles mises à siffler [12] ?
  • le silence de Psiram sur d’autres reconnaissances publiques, telles que mes charges multidisciplinaires d’enseignement honorablement universitaire, mes exposés publics devant des instances parfois éminentes…
  • l’exploitation à mon détriment du fait que je ne ferais plus partie de l’Association des Experts Européens Agréés (AEXEA) : la raison en est tout simplement que j’ai cessé de payer ma cotisation [13]. Un minimum d’enquête aurait évité à Psiram de se vautrer une fois encore dans le ridicule du dénigrement coûte que coûte.

La valeur de mes travaux

À titre liminaire, on s’interrogera sur la crédibilité d’un contradicteur qui, pour s’opposer à près de 200 références dûment publiées (que ce soit dans des revues spécialisées ou dans la presse grand public), ne trouve rien de mieux qu’un pauvre post signé par un étudiant en souffrance n’ayant eu d’autre planche de salut qu’une formation pour débiles délivrée, sur la période considérable de deux mois, par des laquais de Big Pharma [14].

Mais pour aller rapidement au fond, quelques remarques suffiront.

  • Je n’ai pas le culte des publications considérées au poids ; mais n’ayant jamais eu aucune affiliation ni académique, ni industrielle, n’ayant jamais touché le moindre salaire ni la moindre subvention pour le moindre de mes travaux, je serais intéressé de savoir s’il existe beaucoup de concurrents dans la même situation et capables d’afficher une telle liste de travaux publiés – sachant de plus que je ne suis pas quelqu’un à qui l’on tient la plume et que je n’ai jamais hésité à claquer la porte, quelle que soit la notoriété ou la surface sociale de mon interlocuteur [15].
  • Je serais d’autant plus intéressé par cette comparaison avec des concurrents que, même dans les spécialités qui ne sont pas au cœur de ma compétence naturelle, je peux afficher des supports de publication qui pourraient rendre jaloux bien des praticiens des spécialités en question (Recueil Dalloz, Jurisclasseur, Michigan Germanic Studies, La Quinzaine Littéraire, Nathan…) et qui attestent, en tout cas, le sérieux de mon interdisciplinarité.
  • Il est un fait que, quoique parfaitement au fait de la règle « publier ou périr », j’ai délibérément privilégié le Bien Public sur ma carrière personnelle, en acceptant, notamment, que :
    • des travaux considérables, qui m’ont coûté une peine infinie et ont requis beaucoup de créativité scientifique, n’aient jamais l’honneur de la publication, couverts qu’ils se trouvent par le secret de l’instruction ou par la confidentialité des expertises judiciaires ou privées (problème extrêmement complexe, habituellement répertorié sous le titre « valorisation de l’expertise », mais qui pèse d’un poids bien moindre chez ceux qui peuvent au moins se prévaloir d’une position académique) ;
    • compte tenu des risques majeurs que la gloutonnerie des lobbies pharmaceutiques (la vaccination contre le H1N1…) faisait peser sur la Santé publique et eu égard à mon scepticisme croissant quant à la crédibilité des principales revues médico-scientifiques, j’ai fait le choix d’exposer au public le résultat de mes travaux directement et, parfois, en urgence : comme chacun sait, ce n’est pas la voie à prendre pour maximiser sa liste de publications ;
    • j’aurais pu sans problème ajouter à la liste – déjà conséquente (pour autant qu’on en fasse état !) – de mes publications celles, nombreuses, des « recherches scientifiques ou médicales » auxquelles j’ai dûment contribué à l’occasion de mes collaborations avec mes clients de l’industrie pharmaceutique : mais quels qu’aient pu être les liens amicaux qui me liaient avec certains des commanditaires, quel que pût être le prestige du support finalement choisi pour de telles publications, j’ai toujours refusé d’en être signataire pour la raison que même si je n’avais évidemment aucun doute quant à l’intégrité de mes propres contributions, je n’avais aucun moyen de garantir celle des données et de leurs transformations dans un processus de recherche placé sous l’autorité (directe ou indirecte) d’une firme (même à une époque où la pratique de la recherche clinique était moins dévoyée qu’aujourd’hui : un « lanceur d’alerte » n’aurait pas pu faire preuve d’une lucidité équivalente)… À quand une évaluation des chercheurs cette fois fondée sur les articles qu’ils auront refusé de cosigner [16] ?...

Bref, outre la capacité d’en établir un recensement élémentairement décent et, plus encore, d’en appréhender la portée, il manque à mes détracteurs une compréhension minimum à l’endroit des valeurs cardinales qui ont constamment structuré mes travaux : intégrité ET désintéressement…

Mon "antivaccinalisme"

Parmi bien d’autres disponibles sur demande, un seul exemple suffira à illustrer la crédibilité des reproches colportés par Psiram.

Voici même pas deux mois, un dénommé Joyeux s’est lancé dans une diatribe qui a été largement médiatisée, jusque par la Ministre de la santé, comme une intolérable pétition d’antivaccinalisme. Bien que ma réfutation de Joyeux ait été, et reste, l’une des plus radicales, Psiram n’en a tiré rien de plus qu’une confirmation de « la virulence » de mon antivaccinalisme : avec des preuves comme ça, la désastreuse affaire du petit Grégory devient un modèle d’enquête et d’élucidation.

Je veux bien pécher par excès de « virulence » (dixit Psiram), mais il est indéniable que mes contradicteurs, eux, ne pèchent pas par excès de subtilité ou de nuance : avec eux, à l’évidence, c’est du tout ou rien. Même quand on critique sans concession les antivaccinalistes, on reste de toute façon un antivaccinaliste si on n’applaudit pas à l’imbécillité pourtant rare de leur propre argumentation [17] : la glorieuse lutte contre les « sectes » (encore une "bonne cause"...) a manifestement des contraintes de globalisation…

Les génocides aussi...

Mes fréquentations dangereuses

S’ils savaient analyser un corpus bibliographique au lieu de s’y noyer dès qu’il atteint plus de quatre titres, les chercheurs de haute volée à la solde de Psiram, dûment protégés par l’anonymat qui sied classiquement aux controverses scientifiques loyales, sauraient que j’ai depuis longtemps anticipé sur leurs commérages de paroissiennes indignées à propos de mes collaborations avec la presse.

Question d’éthique là encore : à l’opposé de la mode actuelle consistant à dissimuler son absence de principes derrière une diabolisation aussi systématique qu’hystérique de l’adversaire, j’estime ne pas avoir à distribuer des brevets de respectabilité en sélectionnant (et selon quels critères ?) les instances ou organes de presse qui sollicitent mon éclairage, me contentant d’être intransigeant relativement à la reproduction de mes propos. Sur la base de quoi, savoir qui récupère qui est une question d’appréciation, comme illustré par l’exemple suivant.

Voici plus de 10 ans, j’avais accepté d’être l’invité d’honneur de la Ligue Nationale pour la Liberté des Vaccinations (LNPLV) pour la célébration de son cinquantième anniversaire. La conférence que j’y ai présentée devant le gratin de l’association était intitulée : « LNPLV – fabricants de vaccins : même combat »…

Néosanté

De deux choses l’une :

  • ou bien Néosanté a qualifié de « collaboration » la circonstance ponctuelle et limitée à un seul numéro d’avoir répondu à une interview, et j’ai été, à cette aune, « collaborateur » du British Medical Journal, du Lancet, de Human Reproduction, de Acta Psy Scand et de quelques autres ;
  • ou bien Néosanté a voulu accréditer une continuité de collaboration avec moi, et c’est simplement faux : mais avant de colporter ce bruit mensonger, les incorruptibles plumes de Psiram eussent été bien inspirées de s’adonner à un minimum de vérification (auprès de l’intéressé, notamment), comme c’est normalement la règle en pareille espèce – sauf chez les mercenaires bornés.

En tout état de cause et même dans la seconde hypothèse (que Néosanté aurait cherché à accréditer une affinité objective avec moi), en quoi cette revue serait-elle plus coupable que l’administration sanitaire française qui, lors de l’audition de novembre 2004 consacrée à la vaccination contre l’hépatite B, a eu le culot de diffuser (sans erratum !) un programme faisant formellement état de ma participation alors que : i) j’avais envoyé braire les responsables de l’AFSSAPS qui m’avaient harcelé pour obtenir ma participation ; ii) j’ai personnellement téléphoné au Ministre tout en écrivant au Procureur de Paris pour essayer d’obtenir l’interdiction de cette criminelle mascarade ?

Medical Veritas

Au contraire de ce qu’insinue Psiram et comme l’indiquent tant son nom que les quelques articles que j’y ai publiés, la revue Medical Veritas était loin d’être consacrée aux vaccins quand son responsable m’a contacté, vers le milieu des années 2000.

Depuis lors, nos contacts ont été tellement rapprochés que ce n’est qu’à l’occasion de cette attaque de Psiram que j’ai appris l’extinction du journal depuis… 2008. Dans l’entre temps, ma seule mission éditoriale a été d’être l’un des "referees" pour un papier minable écrit par une association européenne d’antivaccinalistes : j’ai évidemment été mortifié d’apprendre qu’il avait été accepté pour publication malgré le mal considérable que je m’étais donné pour qu’il soit refusé.

C’est sans doute désolant, mais c’est la règle du jeu. De toute façon, en quoi Medical Veritas serait-il plus coupable que les revues médicales parmi les plus éminentes qui ont cherché à accréditer que c’était la grippe qui provoquait des narcolepsies [18], ou encore que The Lancet ouvrant généreusement ses colonnes pour colporter la vaste blague des « myofasciites à macrophages » [19] ?

Pour le reste, je n’ai aucun état d’âme : les cinq articles que j’ai publiés dans Medical Veritas sont parfaitement à la hauteur de mes exigences habituelles en matière de contribution publique - et je ne peux qu’y renvoyer les lecteurs intéressés. En particulier et quoiqu’il mériterait une actualisation, mon article intitulé « When EBM fuels confusion (…) » est, à ma connaissance, la contribution internationale la mieux documentée sur la toxicité de la vaccination contre l’hépatite B : j’invite qui veut, et les experts masqués de Psiram en particulier, à venir m’affronter sur ce terrain – mais à la loyale, dans la mesure du possible…

En fait, les seules responsabilités éditoriales tant soit peu effectives (c’est-à-dire régulières et rémunérées) que j’ai assumées dans ma vie ont concerné d’une part la revue La Recherche à l’époque où elle affichait 800 000 lecteurs, puis Le Moniteur des pharmacies qui, au moins à l’époque, était le journal professionnel le plus distribué dans les officines françaises : il y a probablement plus glorieux, mais indubitablement plus minable également [20].

Pour le reste, il n’y a rien de très mystérieux que les « antis » du système (antivaccinalistes, promoteurs des médecines « alternatives », paranoïaques de tout poil, etc.) cherchent, pour alimenter leur propre propagande, à s’approprier une compétence qu’ils n’ont pas, au service d’une critique qui les séduit [21]. Mais n’est-ce pas exactement le même processus qui m’a longtemps valu l’attachement des majors de la pharmacie, toujours heureux de trouver quelqu’un qui n’avait pas peur d’affronter les analyses indigentes de Prescrire ou les diktats incohérents des agences sanitaires – par exemple quand il fallait critiquer sans concession l’intolérable partialité du grand patron de l’évaluation européenne, devant qui tout le monde ou à peu près pliait à l’époque et qui se trouve aujourd’hui mis en examen pour ce motif exactement [22] ?

Des uns comme des autres, cependant, qui peut se targuer d’avoir surpris le brave Dr Girard en flagrant délit de corruption ?... Certainement pas Psiram.

Retour sur Psiram

Assez glosé sur la bravitude de Girard : revenons à ses détracteurs.

Au départ, on n’avait qu’une indication : ils sont masqués.

Mais pour n’importe quel spécialiste du profilage en matière de crime pharmaceutique, on dispose d’indices forts, témoignant d’une alliance assez reconnaissable d’incompétence, de malhonnêteté, d’arrogance et, pour tout dire, de bêtise : méconnaissance absolue des sources même quand elles se limitent à cinq titres, sélectivité dans la présentation des données sources, falsifications éhontées du fait (5/180 = « beaucoup »), dédain à l’endroit de toute exigence de vérification… Ça commence à rappeler quelque chose.

Indice complémentaire : malgré leur risible incapacité de les exploiter à bon escient [23], les collaborateurs de la justice pharmaceutique masquée disposent de moyens d’investigation apparemment considérables. Anodine entre toutes parmi les innombrables demandes que j’ai reçues dans ma vie pour les raisons exposées plus haut, j’avais, en ce qui me concerne, totalement oublié cette pseudo-collaboration avec la World Association for Vaccine Education dont je n’ai aucun souvenir qu’elle ait jamais débouché sur quelque mission précise : les limiers de Psiram, eux, s’en souviennent... Moyens considérables, également, dans la rapidité avec laquelle la fiche me concernant a pu être entièrement refondue après mon intervention dans l’affaire Joyeux : sauf à sombrer dans la paranoïa et sachant ce qu’il en coûte d’alimenter un site en temps réel, je peine à imaginer qu’il y ait, au monde, un internaute isolé prêt à consacrer autant de temps et d’énergie à mon humble personne.

On brûle : cette refonte radicale de la notice me concernant a, apparemment, sanctionné l’ironie pourtant bonhomme du brave et bon Dr Girard à l’endroit de deux scientigourdes aussi courageusement anonymes que les barbouzes masquées de Psiram, dont un internaute m’a informé juste après que les dirigeants de Sanofi semblaient les considérer comme faisant partie des meubles [24].

Conclusion : mon cher Watson…

Et maintenant, mon cher Watson, j’ai gardé le meilleur pour la fin. Ces gens-là, qui disposent donc de moyens d’investigation décadrés par rapport à leurs capacités de gestion mentale, peuvent – alors qu’ils ont à portée l’intégralité des documents nécessaires – me confondre avec un romancier probablement anodin (quand je n’ai jamais écrit de roman), ainsi qu’avec un éminent spécialiste des Psaumes (quand je n’ai jamais écrit sur les psaumes et que rien, dans mes contributions pourtant nombreuses, n’accrédite que je pourrais être d’origine québécoise).

EN REVANCHE, et malgré sa stupidité voyante, mon justicier anonyme ne commet – lui – aucune erreur à l’endroit de l’homonyme avec lequel tous les autres me confondent, depuis les revues médicales qui me soumettent des articles ne me concernant pas, les éditeurs qui m’envoient par erreur ses relevés de ventes, la Fondation Gates qui m’offre un poste de vice-président, les organisateurs de congrès qui passent leur temps à me proposer des interventions aux quatre coins du monde, ses copains universitaires qui le félicitent chaleureusement quand il a publié dans le Figaro une tribune en faveur des vaccins et qui l’invitent non moins chaleureusement à des brain-trusts visant à la promotion des vaccins – jusqu’aux activistes anti-vaccinalistes qui me téléphonent à brûle-pourpoint pour exiger d’un ton menaçant que je leur communique les coordonnées de mon avocat après une de ses interventions télévisées qui n’a pas eu l’heur de leur plaire [25]…

Au fait, Watson, il travaillait POUR QUI, ce presque sosie avec lequel tant de gens me confondent, à l’exception remarquée du justicier masqué de Psiram, qui a l’air de connaître à fond et sa carrière, et ses publications pourtant nombreuses ?

Juste pour Pasteur Vaccins, aujourd’hui entité de Sanofi…

Élémentaire, mon Cher...

PS du 03/08/15

Datée du 01/08/15, soit deux jours seulement après la mise en ligne de mon propre article, une nouvelle notice me concernant a été mise en ligne sur Psiram (cf. PJ3), qui tente de corriger tant bien que mal les plus grosses gourances de la précédente - mais décidément sans parvenir à s’élever à l’essentiel du débat. De la comparaison entre PJ1 et PJ3, on tire ce constat désopilant que tout en me décrivant comme un loser dépourvu de la moindre crédibilité, les contributeurs de Psiram ont furieusement besoin de ce loser pour assurer leur propre information : qu’est-ce que ça doit être quand ils s’intéressent aux vaccins !...

Cette fois, ce n’est plus sa pièce d’identité, mais son permis de conduire que notre justicier masqué a laissé tomber en même temps que ses clés :

  • la comparaison entre les deux versions (PJ1 et PJ3) dit assez la rigueur de mes "biographes" ;
  • peut-être vaguement conscients que la référence à Chacornac manquait de mordant, les tribuns de Psiram m’ont, cette fois, tiré la balle dans la nuque : "Marc Girard y tient sur les vaccins, et celui contre la rougeole, des propos forts différents de ses interlocuteurs" [26] ;
  • la rapidité de la modification confirme qu’en dépit de leur nullité voyante, ils disposent de moyens assez conséquents [27] : même en me détestant viscéralement, un frustré isolé aurait autre chose à faire un week-end du 1er août...

Trêve de mesquinerie : les savants contributeurs de Psiram ont quand même appris qu’on écrivait "mathématiques" avec un S [28]...

[1] Car – c’est la raison de mon insistance ancienne (i.e. avant l’ère des « lanceurs d’alerte »…) sur la transparence dans les conflits d’intérêts –, il s’avère qu’il n’est simplement pas possible de faire l’économie de la confiance dans la pratique scientifique et, tout particulièrement, dans celle de la recherche clinique.

[2] Il serait indécent de qualifier le reste de « fond ».

[3] Sachant que la distinction entre bêtise et malhonnêteté n’est pas toujours facile : il y a des gens – et de plus en plus, grâce à notre chère Éducation Nationale – qui deviennent des escrocs simplement parce qu’ils ne savent rien faire d’intelligent…

[4] Quand, pour parler comme Marthe Robert, j’ai écrit mon livre sur Bovary « en haine du roman », à l’instar de l’ermite de Croisset…

[5] Certes, j’ai moi-même publié apparemment à la périphérie de la médecine, mais pas tant que ça, en vérité : mon investissement sur la psychanalyse a beaucoup été inspiré par mon travail en recherche clinique (qu’est-ce qui permet de prendre la psychanalyse au sérieux ?), tandis que, comme dûment indiqué dans sa préface, mon livre sur Bovary est né d’une recherche plus générale sur l’image du médecin dans le roman français (et, par-delà, d’une réflexion sur la médicalisation). On est quant même loin des Psaumes auxquels s’est pas mal consacré mon éminent homonyme québécois…

[6] Dont magistrats et parties avaient été dûment informés en toute transparence

[7] Comme toutes les décisions de justice dans notre pays (du moins celles qui ne sont pas couvertes par le secret de l’instruction), celles me concernant sont parfaitement disponibles à qui sait les chercher, et elles attestent de l’argumentation alors utilisée par ceux qui cherchaient à m’éliminer comme trop lié aux majors de l’industrie pharmaceutique.

[8] N’ayant jamais été abonné au Quotidien du Médecin (on se demande bien pourquoi), j’ai dû recevoir cet article directement de mon éditeur : de telle sorte que je n’en ai jamais connu la date précise. Mais réagissant à un article que j’avais publié dans La Recherche 1987 ; 185 : 234-241, il est le plus probablement daté de février 1987.

[9] Entreprise dont je suis loin d’être un fervent, mais quand même…

[10] Le fameux onglet « Discussion » qui échappe malheureusement à tant d’utilisateurs de l’encyclopédie en ligne.

[11] Medical Veritas 2006 ; 3 : 1214-5

[12] On notera en passant, mais juste en passant, que mes contributions à la revue Medical Veritas font toutes mention de mes conflits d’intérêts avec l’industrie pharmaceutique. À quand la même transparence chez les collaborateurs de Psiram ? Ils ont quelque chose à cacher ?
Qu’importe le support, pourvu qu’on ait l’intégrité...

[13] Après avoir été alerté par des fondateurs de cette association, qui ne servait effectivement à rien, que lesdites cotisations contribuaient essentiellement au train de vie de ses actuels dirigeants.

[14] J’ai rappelé ailleurs qu’en raison des liens amicaux que j’entretenais avec le milieu, j’ai moi-même été chargé d’enseignement dans cette "école" : j’en ai été viré, et définitivement, dès le premier jour...

[15] Dans mon dernier livre, j’ai raconté la façon dont je me suis brouillé avec la revue La Recherche, ainsi qu’avec Les Presses de la Cité (à l’époque l’un des plus importants éditeurs français), ou encore avec Le Seuil.

[16] J’ai été viré de Synthélabo pour avoir, dès l’âge de 30 ans, catégoriquement refusé de signer une présentation au symposium de lancement de leur antiépileptique "miracle", que le Professeur Pierre Simon - idole de la revue Prescrire - tenait sans rire pour "l’un des cinq médicaments les mieux étudiés au monde". La suite a montré qui avait raison...

[17] Les commères de Psiram sont un peu (est-ce un hasard ?) comme la mégère qui se plaint que son mari a épuisé ses forces chez les autres lorsqu’il néglige son devoir conjugal, et qui le rembarre sans ménagement dès qu’il se montre plus actif, au motif qu’elle n’est pas là pour éteindre le feu que les autres ont allumé... En psychologie (sinon en études bibliques), cela s’appelle "la double contrainte".

[18] Ann Neurol 2011, 70, 410

[19] Lancet 1998 ; 352 : 347-52.

[20] Sachant que dans les deux cas, c’est moi qui ai mis fin à notre collaboration : je ne devais pas me sentir en manque...

[21] Du moins, dans la réception très sélective qu’ils en ont...

[22] La PJ2 illustre, à sa manière, le parti que pouvait tirer Big Pharma de mes analyses.

[23] Ça rappelle un peu le pitoyable plantage de la police allemande lors de l’enlèvement de Hans Martin Schleyer par la bande à Baader : il a fallu attendre son assassinat pour se rendre compte que la police disposait peu ou prou des indices qui eussent permis de le retrouver, à condition – juste – de savoir les exploiter…

[24] Je n’ai pu vérifier personnellement le fait : mais il apparaît extrêmement plausible, sachant que rien ne les empêche de révéler leur identité et leurs fonctions si elles ne sont pas concernées par une telle affiliation. Question d’éthique, là encore...

[25] Ma vie est pleine de surprises désopilantes, qui compensent, en dilatation splénique et au moins partiellement, les avanies que m’ont valu mes engagements professionnels…

[26] Avec une stigmatisation comme ça, bonjour pour aller cacher sa honte même dans une tombe...

[27] C’est un peu une marque de fabrique de Big Pharma...

[28] À elle seule, la facilité avec laquelle on a pu obtenir la correction de "mathématique" en "mathématiques" confirme, s’il en était encore besoin, la nullité abyssale des contributeurs de Psiram. Se fussent-ils posés sur une conception intégriste de l’unité de LA mathématique que mon modeste site n’eût certainement point été le lieu d’une subtile discussion épistémologique concernant cette question. Mais on leur dit, en fronçant les sourcils, "“mathématiques”, ça s’écrit avec un S", et ils se précipitent à corriger, comme des (sales) gamins pris en faute.


Documents joints

PJ3 : La notice de Psiram (à partir du 01/08/15)

3 août 2015
Document : PDF
30.9 ko

PJ2 : Un "auteur inspiré"

2 août 2015
Document : PDF
738.1 ko

PJ1 : La notice de Psiram (jusqu’au 29/07/15)

29 juillet 2015
Document : PDF
26.5 ko

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