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Surmédiatisation d’une démission à la Conférence nationale de santé : quand les lanceurs d’alerte arrivent après l’incendie…

mercredi 24 février 2016 par Marc Girard

RÉSUMÉ – Modeste réflexion, indubitablement tirée de l’expérience, sur l’agitation médiatique qui entoure, depuis quelques jours, la démission du secrétaire général de la Conférence nationale de santé, une instance du Ministère de la santé supposée incarner l’esprit de « démocratie sanitaire » auquel nos autorités ont proclamé leur allégeance depuis plus de dix ans.

Émoi chez les contestataires du système : selon une information largement reprise par la presse, un jeune fonctionnaire du ministère de la santé aurait crânement claqué la porte de la Conférence nationale de santé au motif – tenez-vous bien – que la « démocratie sanitaire » ne serait rien de plus que du pipeau.

Quelle révélation, Grands Dieux ! Quel prodige de lucidité (chez un ancien de l’ENA, en plus) ! Instauré – l’a-t-on oublié ? – par Bernard Kouchner depuis plus de 10 ans, le concept de « démocratie sanitaire » serait juste un piège à cons parmi d’autres ? Et on aurait même trouvé un « lanceur d’alerte » pour clamer ça haut et fort ?

Qui l’eût cru – à part les visiteurs du présent site ?

« Force est donc de conclure au double jeu démagogique de l’autorité sanitaire qui a parfaitement compris le type de hochet avec lequel on fait taire les dissidents de surface. C’est là le jeu pervers institué par Kouchner sous prétexte de "démocratie sanitaire". » (19/12/11)

« On rappellera de nouveau que cette propension à séduire les profanes en affectant d’écouter leurs associations (de consommateurs, de patients ou de victimes) s’enracine justement dans le projet pervers d’une "démocratie sanitaire" mise à l’honneur par Kouchner. » (23/03/12)

« Depuis le précédent inaugural du Biafra, les initiatives de Kouchner ont souvent été marquées par le fossé entre la noblesse des intentions affichées et le sordide des réalités sous-jacentes : faut-il rappeler les pitoyables contorsions du Secrétaire d’Etat à la santé relativement à la campagne de vaccination contre l’hépatite B, ou encore son instrumentalisation des associations (de victimes, notamment) sous le fallacieux prétexte de "démocratie sanitaire". » (01/05/12)

« Constatons enfin que si la pseudo-réforme susmentionnée avait représenté un effectif progrès de "démocratie sanitaire", il y aurait unanimité de réprobation à l’encontre d’une ministre de la santé affichant sans complexe son désir de peser sur le processus décisionnel en contournant toutes les instances réglementaires en place (…). » (03/02/13)

« (…) l’obstétricienne qui intervient sur le forum sacrifie à la guimauve pseudo consensuelle (il faut se parler...) où l’on reconnaît sans peine le piège à cons de la "démocratie sanitaire" qui donne leur raison d’être à la plupart des associations de patients bien qu’elle ne débouche jamais sur le moindre infléchissement significatif. On me permettra de penser qu’il faudrait plus que cette écume démagogique de sadomasochisme consumériste pour affronter l’effrayante réalité de la brutalisation médicale. » (05/05/13)

« Le piège de la pharmacovigilance s’est encore aggravé lorsque, à l’instigation d’associations consuméristes adossées à des parlementaires plus intéressés par leur investiture que par la santé publique, il a été considéré comme une grande victoire de la « démocratie sanitaire » que les autorités prennent en compte les signalements des patients (…) » (18/05/14)

« (…) de mémoire, on n’a jamais vu l’AFSSAPS collaborer avec quiconque sans avoir une idée très claire des résultats auxquels elle entend parvenir coûte que coûte (même si les diverses associations trop fières d’être accueillies là-bas - et, parfois, subventionnées -, au nom d’une "démocratie sanitaire" inventée par Kouchner, semblent peiner à s’en rendre compte...). » (21/06/14)

« On annonce une série d’articles qui permettront de mieux comprendre une telle stratégie d’alliances contre-nature, en rappelant que la mise sur orbite des associations est une disposition phare de la "démocratie sanitaire" concoctée par B. Kouchner à la fin des années 1990. » (26/07/15)

« Un débat sur un sujet [les vaccinations] « qui ne se discute pas », cela rappelle un peu l’exigence démocratique façon Ferme des animaux… Ou encore, mais en moins talentueux, « la démocratie sanitaire » façon Kouchner… » (05/08/15)

« On n’en comprend que mieux la vraie nature de la « démocratie sanitaire » promue par Kouchner : traquenard à destination des victimes (les vraies...), ainsi invitées à se regrouper derrière des "associations" qui fonctionnent, en réalité, comme de redoutables éteignoirs. (…) Admettre qu’en dépit de signaux (les notifications spontanées, puis les ALD) apparus dès le début des années 1990 [45], RIEN de sérieux n’a jamais été entrepris par les autorités sanitaires françaises, ce serait conscientiser que dans sa « collaboration scientifique » entreprise dès 1988 avec ces dernières au nom de la « démocratie sanitaire », le REVAHB s’est fait… – disons – rouler dans la farine (…) Ce serait, plutôt que d’en tirer gloire, s’interroger sur les motivations profondes d’une « démocratie sanitaire » qui vous a spécifiquement choisi (« reconnu comme l’acteur principal ») dans le contexte d’une telle dépravation.(…) À la différence des Américains et malgré la "démocratie sanitaire" (hi ! hi !) concoctée par Kouchner, on ne dispose en France pas de Freedom of Information Act permettant d’avoir accès aux données originales (…) » (16/08/15)

C’était mon coup de chapeau du jour (un peu retardé, il est vrai), à l’excellent Docteurdu16 qui, voici quelques semaines, donnait à votre Serviteur acte du fait que "relire ses anciens textes rend idiot tant il a anticipé"...

À l’inverse, on me permettra de ricaner à reconnaître, parmi les propagateurs de cette nouvelle révélation fracassante, ceux qui n’ont jamais craint de dénigrer les bons auteurs pourtant très en avance sur les lanceurs d’alerte à la mode. Par exemple :

  • le journal Le Parisien (20/02/16) qui, sans la moindre velléité de vérification, se plaisait encore récemment (04/01/16) à colporter les ragots du Pôle santé concernant l’incompétence et l’absence de « crédibilité » du bon Dr Girard ;
  • l’excellent Dominique Dupagne qui, avec toute l’autorité que lui confère sa surface médiatique, ne craint pas de mettre en jeu « ses couilles » en dénonçant ce scandale comme s’il venait de le découvrir lui aussi. Nul doute que son million de visiteurs par mois « dont de nombreux professionnels de santé » (Le Monde, 19/01/16) aurait été mieux informé si notre blogueur à succès n’avait, et depuis des années, relégué le même Dr Girard aux oubliettes du Club des médecins blogueurs au motif de ma présumée compulsion à "vomir sur tout le monde". Le petit florilège qui a inspiré le présent article illustre, rétrospectivement, la rigueur diagnostique de mes censeurs "dont de nombreux professionnels de santé" [1] : c’est moins mon problème que celui de mes contradicteurs que soit perçue comme relevant du dégueulitif l’inspiration qui m’a conduit à percevoir, et bien avant les autres, la pitoyable démagogie qui sous-tend la notion de démocratie sanitaire. Au fait et pour s’en tenir précisément au lexique de Dupagne : selon quel arbre décisionnel se permet-il de louer comme relevant d’une "franchise suicidaire" certaines dénonciations (comme celle de l’ex-secrétaire de la Conférence) tout en rétrogradant certaines autres (comme celles du bon Dr Girard) à une simple compulsion vomitive ? Quitte à faire dans le Scientifique, autant expliciter ses critères d’évaluation - surtout quand on a un million de visiteurs chaque mois...

Que ceux-là et leurs comparses se rassurent, de toute façon : ils n’ont aucun aucun risque de se retrouver aussi "idiots" que le soutient le Docteurdu16, car pour ce faire, il leur faudrait, en préalable, la capacité de reconnaître que d’autres aient pu avoir raison - éventuellement contre eux-mêmes [2]. Le chemin de Damas, à côté, ce serait une attraction de Disneyland parmi d’autres...

Montre-moi les alertes que tu lances ou celles que tu relaies [3] : je te dirai qui tu es.

[1] Si j’en crois l’excellent DD lui-même, qui a eu le courage de m’écrire après la parution d’une première version de cet article, il a répondu à une demande pressante de sa base en me censurant. Un degré de plus dans la satisfaction de la masse hurlante, et il ne restait plus qu’à me clouer sur la croix...

[2] Quand j’aurai le temps et dans le même ordre d’idées, je raconterai mon échange avec Dominique Dupagne sur Irène Frachon, au tout début de « l’affaire » Médiator…

[3] Éventuellement celles que tu réfutes.


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