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"C’est pathétique"

mercredi 27 juin 2018 par Marc Girard

"Pour avoir eu l’occasion de comparer le travail du Dr Girard avec celui d’autres “experts”, il me parait INDISCUTABLE que les compétences de cet homme en matière de pathologies, pharmacologie, épidémiologie sont largement au-dessus de ceux même qui acceptent d’expertiser pour la DGS des patients dont les maladies leurs sont étrangères et qui sont obligés, devant vous, de se documenter sur votre pathologie, pour tenter d’en sortir une expertise : c’est pathétique. Le rendu d’expertise du Dr Girard colle à 100% avec mon histoire. Il a une grande qualité d’écoute, de discernement, tant sur la globalité de mon histoire que sur mon ressenti et ses conséquences. On ne peut pas copier/coller cela.

Fait à M***, le 21 janvier 2006

Antoinette D."

Dans la série des attestations ici produites, celle-ci est la première en provenance d’une professionnelle de santé. Âgée de 49 ans, Antoinette D. est infirmière dans un centre hospitalier universitaire de province – et ne s’en laisse manifestement pas compter : elle a donc une certaine crédibilité lorsqu’elle qualifie de « pathétique » l’effort de certains collègues pour « tenter de sortir une expertise ».

Des deux précédentes qu’elle avait portées à ma connaissance sur son cas, l’une avait été réalisée dans le cadre de l’article L. 3111-9 du code de la santé publique, par l’un de ces experts jouissant le plus probablement du privilège de ne jamais voir leurs honoraires contestés par la Direction Générale de la Santé ; l’autre, réclamée à titre privé, avait été réalisée… par un autre ancien président du REVAHB. De la première expertise, j’avais documenté, en exemple suffisant en soi qu’elle ne citait pas une seule référence d’une bibliographie internationale comportant pourtant plusieurs centaines de titres ; de la seconde, je m’étais étonné que le président d’une association de victimes reprenne à son compte, sans un mot de critique, les allégations non argumentées de l’administration quant à « l’incertitude » sur la causalité iatrogène ou au fait que la profession de la requérante « justifiait bien évidemment » sa vaccination. Ben voyons [1]…

Alors que dans mon expérience des rapports portant sur les complications neurologiques post-vaccinales, les experts se donnent habituellement beaucoup de mal soit pour nier carrément le diagnostic (nous en verrons un exemple plus loin avec « l’hystérie » de Melle L.), soit pour en ignorer toutes les manifestations précoces afin de repousser suffisamment le diagnostic positif dans le temps pour mettre en doute tout lien avec une vaccination ainsi présentée comme trop antérieure (oubliant de la sorte qu’en matière de sclérose en plaques, la date du diagnostic peut être considérablement postérieure à l’apparition des premiers troubles cliniques, lesquels peuvent eux-mêmes être très décalés par rapport à l’apparition des premières lésions anatomiques [2] ), Antoinette D. correspondait au cas de figure caricaturalement inverse : sous le prétexte que sa propre mère avait souffert d’une sclérose en plaques grave et qu’elle-même avait présenté assez précocement quelques troubles neurologiques a minima, le moindre « pet de travers » de ses antécédents se trouvait souligné, amplifié, répété afin de démontrer qu’à l’évidence, l’apparition d’une sclérose en plaques ne pouvait qu’être antérieure à la vaccination.

« Pathétique » en effet, cet admirable raisonnement court-circuitait au moins trois questions fondamentales pour l’espèce : 1) lesdits troubles antérieurs étaient-ils effectivement en rapport avec la pathologie dont le diagnostic ne faisait plus de doute aujourd’hui ; 2) si oui, n’avaient-ils pas été significativement aggravés par les vaccinations incriminées ; 3) auquel cas, comment justifier que la médecine du travail ait re-vacciné l’intéressée au mépris d’une mise en garde insérée au Vidal antérieurement à cette revaccination ?

Il me reste un souvenir ému lié à ce travail d’expertise qui avait donc exigé une reprise soigneuse, quasi obsessionnelle, d’une chronologie extrêmement intriquée et complexe. Alors qu’au terme d’années harassantes de travail liées à mes missions pénales dans les affaires de santé publique les plus aiguës du moment, je m’étais programmé une escapade rare au Musée du Louvre, je venais d’apprendre que le Pôle santé de Paris me refusait le paiement d’une importante expertise [3] , correspondant à plusieurs centaines d’heures de travail – ce refus s’ajoutant à d’autres du même type, pour ne point parler des autres « pressions » dont nous avons commencé d’entendre parler (cf. attestation de M. C.). Tandis que, pourtant doté d’une résistance éprouvée à ce type d’ennuis, je peinais à apercevoir les tableaux dans la pénombre qui s’était soudain abattue sur mon âme, mon portable se mit à vibrer [4] : c’était Mme D. qui m’appelait spontanément, pour me faire part de l’émotion qui l’avait prise à la lecture de mon rapport – laquelle se trouve exactement transcrite ici :

"Le rendu d’expertise colle à 100% avec mon histoire".

Alors que nous n’en sommes encore qu’à la quatrième attestation de la « série », il commence à devenir superfétatoire de s’étonner qu’une justiciable, professionnelle de santé expérimentée, éprouve comme impérieux le besoin d’appeler personnellement un expert judiciaire pour le remercier d’une performance manifestement exceptionnelle : un rapport qui « colle à 100% » avec son histoire – imputable en dernière analyse à une « grande qualité d’écoute » jointe à une compétence « INDISCUTABLE »…

[1] Dans un article inspiré par l’histoire de François M. (cf. plus loin dans la présente série) et daté du 17/11/05 (soit de quatre ans postérieur), les nouveaux responsables de ce même REVAHB irons jusqu’à affirmer : « nous n’avons pas de preuves scientifiques à proprement parler ». Avec des contributions d’associations de victimes aussi percutantes (j’en ai vu malheureusement bien d’autres du même acabit – qu’elles soient techniques ou judiciaires), les fabricants devraient pouvoir économiser les frais d’avocats…

[2] Un parallèle permet d’apprécier le sérieux des innombrables experts qui, à la suite de la DGS, ont tenté d’accréditer (auprès des tribunaux administratifs, notamment) que passée une fenêtre chronologique de 2 mois après l’injection, la responsabilité du vaccin ne pouvait plus être évoquée dans la survenue d’une sclérose en plaques. Aux USA, où la sclérose en plaques a été incluse dans l’éventail des complications susceptibles d’affecter les Vétérans de la première guerre du Golfe, la survenue d’une telle maladie ne doit pas excéder de plus de sept ans le retour à la vie civile pour justifier l’examen d’un dossier d’indemnisation : et il se trouve d’excellents spécialistes pour estimer, à juste raison, que ce délai de 7 ans est lui-même trop limitatif pour caractériser la cause d’une sclérose en plaques… Rappelons que, même si la DGS s’obstine à l’ignorer devant les juridictions administratives, les experts de l’AFSSAPS ont fini par admettre le caractère fantasque de cette trop fameuse « fenêtre chronologique » de deux mois qu’ils ont pourtant longtemps contribuer à accréditer.

[3] Il s’agissait de mon expertise sur l’hormone de croissance où j’avais osé relever, après 16 ans d’instruction indigente sous les applaudissements des associations et de leurs avocats, personne ne s’était pas encore aperçu que ce produit ne disposant d’aucune autorisation de mise sur le marché, on était tout simplement dans le cadre d’un exercice illégal de la pharmacie - base juridique nettement plus sûre que les divagations sur le prion qui avaient jusqu’alors monopolisé l’essentiel de l’attention, avec à la fin le résultat que l’on sait...

[4] N’ayant jamais eu de secrétariat, j’ai pris l’habitude de dériver ma ligne fixe sur mon portable quand je ne suis pas à mon bureau.


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